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« Car aime » et Pâques 2012

Que Pâques traverse nos vies!
« Car aime » et Pâques 2012
12 avril 2012

par Yves Granger

On traverse les océans. On traverse une route. Les avions traversent le ciel. Notre vie traverse le temps. Notre vie, même, est traversée. Traversée par une famille qui nous est donnée, par différentes crises de croissance et d'affirmation, par l'amour qui nous envahit, par un choix de vie, par l'arrivée des enfants, par des personnes aimées qui nous quittent, par le travail où l'on essaie  de bâtir un monde meilleur, par la maladie, par la souffrance morale et physique, par les questionnements et les doutes, par la présence de personnes aimées qui nous habitent, par une présence discrète mais fidèle de Dieu,…

Pousses de tulipesS’il fallait voir tous les chemins qui traversent nos vies, s’il fallait voir du même coup tous les chemins où nous traversons la vie des autres nous serions devant  un tableau immense. Chaque vie a son poids d’humanité et cela est grand.

Qui est-il ce Jésus qui a tout traversé, librement, consciemment? J’ai regardé un texte d'Isaïe et que nous annonçait-il? « Mon Serviteur réussira, dit le Seigneur, il montera, il s’élèvera, il sera exalté! La multitude avait été consternée en le voyant, car il était si défiguré qu’il ne ressemblait plus à un homme […]. Il était méprisé, abandonné de tous, homme de douleurs, familier de la souffrance, semblable au lépreux dont on se détourne; et nous l’avons méprisé, compté pour rien. Pourtant, c’étaient nos souffrances qu’il portait, nos douleurs dont il était chargé. […] Le châtiment qui nous obtient la paix est tombé sur lui, et c’est par ses blessures que nous sommes guéris. Nous étions tous errants comme des brebis, chacun suivait son propre chemin. […]»

À toutes les époques, Jésus a été défiguré, méprisé, compté pour rien. C’était un familier de la souffrance. Quand j’ai perdu mon père en 1974 à l’âge de 54 ans, c’est quelque chose que je disais de lui : c’était un familier de la souffrance. L’arthrite l’a fait courber, au point de porter un corset pour lui tenir la tenir la colonne vertébrale pendant les dernières années de sa vie. Il a connu l’époque, aussi, où les soins n’étaient pas gratuits… Jésus, un familier de la souffrance. Il l’a connue dans sa propre chair, il l’a reconnue chez tant de gens qu’il a rencontrés. Il n’a pas changé, il connaît nos souffrances et, ressuscité, il nous appelle à une autre vie possible.

Il y a des grandes périodes de ma vie où je me suis senti en passage, en train de traverser une étape. Ce n’est pas très reposant : on quitte un lieu et on n’est pas encore dans ce qu’on entrevoit. Il m’arrive encore de dire que vivre chrétiennement, ce n’est pas le repos garanti. Ne sommes-nous pas tendus vers plus de vie? Certes! Mais nous sommes tendus et non toujours détendus…

Heureusement qu’il y a Pâques! C’est ce qui enracine notre espérance. En Jésus, notre vie a un sens malgré ses misères. Que Pâque traverse nos vies d’homme et de femme, que sa lumière transfigure nos ombres, que la présence du Seigneur ressuscité nous permette d’avancer avec une espérance que personne d’autre ne pourrait nous donner.


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